Les émotions en Instruction en Famille : entre doutes, charge mentale et immenses fiertés

Publié le 10 décembre 2025 à 13:26

Même si ce texte naît de mon expérience en Instruction en Famille, il ne parle pas seulement d’IEF.
Il parle d’accompagnement, de transmission, d’amour, de doutes, de fatigue et de fiertés — des émotions que vivent tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, participent à l’éducation d’un enfant.


Alors que vous soyez parent en IEF, parent d’un enfant scolarisé, enseignant, ATSEM, AESH, éducateur, orthophoniste, psychologue, assistante maternelle, animateur ou simplement un adulte profondément investi dans le bien-être d’un enfant… cet article est aussi pour vous.
Parce qu’au-delà des méthodes, des cadres ou des choix pédagogiques, nous partageons le même désir : accompagner un enfant qui grandit.

 

Lorsque l’on parle d’Instruction en Famille, on imagine souvent des journées douces où les apprentissages se mêlent aux jeux, des cahiers ouverts sur la table, un enfant concentré et une maman disponible.

Mais derrière cette vision idyllique, il y a les coulisses : l’IEF est aussi une traversée intérieure, un véritable voyage émotionnel qui transforme la manière dont on accompagne nos enfants… et dont on se voit soi-même comme parent.

C’est une aventure intense où se croisent l’amour, la fatigue, la joie, la remise en question et ce fameux syndrome de l’imposteur que tant de parents connaissent. Aujourd’hui, j’avais tout simplement envie de parler de cela. De ce que nous vivons derrière le rideau, dans le silence de nos pensées.

En Instruction En Famille, la place du parent instructeur devient une fonction à multiples facettes.

On ne se contente plus d’être le parent : on devient éducateur, médiateur, observateur attentif, coach, guide émotionnel, organisateur du quotidien et créateur de projets. On incarne la sécurité, la structure, l’apaisement, parfois même le bouclier contre les tempêtes.

 

Si on endosse tout cela, ce n’est jamais par obligation, mais par Amour et Passion — qui demande une énergie incroyable, une présence constante, une disponibilité émotionnelle immense. Il est normal que ce rôle soit intense, normal qu’il nous secoue parfois. Rien de tout cela n’est un signe de faiblesse : c’est simplement la preuve que l’on s’investit profondément.

Sur ce chemin, une petite voix revient souvent frapper à la porte : celle du doute. Elle s’invite dans les moments de fatigue, dans les comparaisons involontaires, dans la pression que la société exerce sur notre rôle de parent. “Et si je n’en faisais pas assez ?” “Et si je n’étais pas à la hauteur ?” “Et si je me trompais ?” Ce syndrome de l’imposteur, nous rappelle que nous ne sommes pas des professionnelles de l’enseignement, et pourtant… nous sommes les personnes qui connaissent le mieux nos enfants. Celles qui observent, qui adaptent, qui ajustent, qui cherchent des solutions et qui avancent en apprenant, aux côtés de nos petits. La perfection n’est pas un prérequis : la présence et l’engagement, si.

 

Et puis il y a cette charge mentale, silencieuse mais omniprésente. L’IEF n’est jamais un simple “fait scolaire” transplanté à la maison. C’est un travail invisible, permanent, qui se glisse dans chaque coin de la journée. Préparer les activités, anticiper le matériel, organiser les sorties, penser aux rendez-vous médicaux, veiller aux apprentissages, gérer la maison en parallèle, pour ma part assurer ma micro-entreprise. Dans la tête d’un parent instructeur, il n’y a jamais vraiment de bouton “pause”. 

Le doute, fidèle compagnon de route, accompagne tout ce parcours. Il ne vient pas pour nous nuire, mais pour nous interroger. Il met en lumière notre conscience, nos responsabilités, notre volonté de bien faire. Il rappelle que nous avons un rôle immense. Et pourtant, il suffit parfois d’un petit moment de grâce pour qu’il s’efface : un apprentissage qui se débloque, une activité que l’enfant réalise avec enthousiasme, un progrès inattendu, un sourire, une compréhension nouvelle.

Ces petites lumières, souvent discrètes mais tellement précieuses, sont autant de preuves que le chemin est le bon.

À côté de tout cela, il y a la fierté — cette fierté immense, sincère, parfaitement légitime. Voir un enfant lire, s’exprimer, créer, comprendre, progresser à son rythme ; observer ses dessins, ses découvertes ; le voir prendre confiance, s’épanouir, se redresser intérieurement… tout cela nourrit profondément le cœur d’un parent en Instruction En Famille.

Ce n’est pas une fierté tournée vers l’extérieur, celle qui cherche à montrer ou à prouver. C’est une fierté intérieure, humble, qui dit simplement : “Regarde comme il grandit bien.” Et cela n’a pas de prix.

Parce qu’au fond, l’Instruction En Famille, n’est pas seulement celle de l’enfant mais c'est également celle du parent ! Elle nous invite à nous dépasser, à développer notre patience, notre créativité, notre intuition, notre capacité à accompagner. Elle révèle nos forces autant qu’elle expose nos fragilités. Elle demande du courage, mais offre en retour un lien familial d’une richesse inestimable.

 

Que l’on soit parent en Instruction En Famille, parent d’un enfant scolarisé, enseignant passionné, ATSEM attentive, AESH dévoué, éducateur bienveillant, professionnel de santé ou tout simplement adulte engagé auprès d’un enfant… nous partageons tous la même mission : l’aider à grandir avec confiance, curiosité et sérénité.
L’IEF n’est qu’un cadre parmi d’autres. Mais les émotions, elles, sont universelles : la joie de voir un enfant comprendre, la fatigue des journées intenses, les doutes qu’on apprivoise, la fierté qui nous illumine.
Chacun à notre manière, nous nous devons d'offrir aux enfants ce dont ils ont le plus besoin : du temps, de la patience, de la présence… et beaucoup d’amour.

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