Comment Eden a appris à écrire : notre chemin…

Publié le 27 novembre 2025 à 14:47

L’apprentissage de l’écriture est un chemin long, parfois semé d’embûches, et toujours profondément personnel. Beaucoup d’enfants rencontrent, à un moment ou à un autre, des difficultés liées à la tenue du crayon, à la motricité fine ou à la gestion du geste.

Ce fut le cas pour Eden — non pas un problème, mais un signal : celui d’un besoin d’adaptation, d’écoute et d’accompagnement.

Lors de notre contrôle IEF de janvier 2025, on nous a simplement fait remarquer que le port de crayon et les tracés méritaient un soutien particulier. Cette observation a été un point de départ. Plutôt qu’une pression, nous l’avons prise comme une opportunité de revoir nos pratiques.

Et c’est là que tout a changé.

Avant d’écrire… préparer la main : le travail invisible mais essentiel

Bien avant de tenir un crayon correctement, Eden a surtout appris à préparer sa main. C’est une étape que beaucoup de parents sous-estiment : on pense que l’écriture commence sur le papier, alors qu’elle commence… dans les doigts, les poignets, les gestes du quotidien.

Chez lui, tout a débuté par des activités simples, souvent ludiques, parfois même totalement éloignées de l’idée d’“écrire”.

Il y a eu la pâte à modeler, les perles, les jeux de transvasement où il devait viser, verser, contrôler son mouvement. Les pinces qu’il manipulait pour attraper des objets, renforcer ses doigts, affiner la pression. À première vue, ce n’étaient que des jeux.

Mais en réalité, ils construisaient déjà les fondations de son futur geste graphique.

 

Et puis il y a eu les expériences avec des pipettes et des éprouvettes. Mélanger de l’eau colorée, transférer une goutte d’un récipient à l’autre, observer les couleurs se transformer… Il adorait ça. Ce jeu scientifique demandait une précision incroyable : presser juste assez, relâcher au bon moment, viser le petit tube sans trembler. Pour lui, c’était une expérience magique ; pour sa main, c’était un entraînement idéal.

Cette activité, à elle seule, a renforcé sa pince, amélioré son contrôle, et préparé son geste d’une manière bien plus efficace qu’un exercice d’écriture imposé.

 

Avant toute chose : comprendre le point de départ

Beaucoup d’enfants “n’aiment pas écrire” parce que le geste est encore difficile. Avant de multiplier les exercices, il est essentiel d’observer :

  • La manière dont l’enfant tient son crayon,

  • Sa capacité à gérer la pression,

  • Sa fluidité de mouvement,

  • Son aisance à suivre une ligne.

Dans le cas d’Eden, la prise n'était pas bonne, les tracés tremblants et la motricité fine encore fragile. Rien d’inquiétant, mais suffisant pour entraver le plaisir.

Et puis, une amie m'a ouvert les yeux (encore mille mercis Virginie !) et son conseil a été le suivant “Choisis un crayon plus adapté, qui lui convient vraiment.” C’était évident, mais nous ne l’avions pas encore essayé sérieusement.

 

Le rôle du bon matériel

Nous avons alors testé plusieurs outils : crayons triangulaires, ergonomiques, mines souples, feutres adaptés… Et presque immédiatement, son geste est devenu plus fluide.

Pour beaucoup d’enfants, le matériel n’est pas un détail. C’est un soutien.

Le crayon triangulaire a été la meilleure solution !

Même moi, je me suis aperçue que ma prise n'était pas bonne et maintenant nous avons tous troqué nos BICS et 4 couleurs, contre des stylos PILOT - FRIXION, crayons de bois / couleurs triangulaires afin d'avoir une meilleure prise !

 

La routine qui a tout changé : le “mot du jour”

Pour donner du sens à l’écriture, nous avons instauré un rituel simple : tous les jours, Eden choisit un mot. Un mot qui lui plaît, qui l’intrigue, qui l’amuse. Il l’épelle, il l’encode, puis il l’écrit.

D’abord en capitales, pour simplifier le geste. Puis, lorsqu’il s’est senti prêt, en cursive grâce au cahier APILI.

Ce petit rituel a travaillé plus de compétences qu’on ne l’imagine :

– Le geste court et maîtrisé → motricité fine,

– L'encodage → orthographe naturelle,

– Le choix du mot → motivation et autonomie,

– La répétition → fluidité et confiance.

Il faut privilégier la régularité plutôt que la durée. Une activité brève, quotidienne, choisie par l’enfant, apporte bien plus qu’une longue séance imposée.

 

Le passage à la cursive

En octobre 2025, à tout juste 5 ans, Eden était prêt. Il connaissait les lettres, avait compris les tracés, maîtrisait ses gestes. Avec les lignes APILI et une petite grille de repères visuels, il a pu apprendre à ajuster la hauteur des lettres, réaliser des boucles, lier les formes.

Je n’ai fait qu’accompagner : une remarque ici, une ligne tracée là. Mais c’est lui qui écrivait. Et ça change tout.

Il faut savoir introduire la cursive uniquement quand l’enfant est prêt, pas quand l’âge “théorique” l’impose. La cursive n’est pas une course, mais un geste qui doit être mûri.

Eden écrit son mot du jour (nov.2025)

Une progression douce… et impressionnante

En un an, Eden est passé d’un geste incertain à une écriture cursive fluide. Ce n’est pas dû à une méthode “extraordinaire”. C’est le résultat d’un travail constant, bref, joyeux, quotidien.

– Un matériel adapté,

– Une activité courte,

– Une progression logique,

– Du plaisir,

– Et beaucoup de patience.

L'écriture n’avance jamais sous la pression. Elle avance avec l’encouragement, la répétition et la fierté.

 

Un apprentissage qui dépasse le simple geste

Ce travail avec Eden lui a permis de développer :

– La précision du mouvement,

– La concentration,

– La reconnaissance des lettres cursives,

– L’orthographe naturelle,

– Sa confiance en lui.

 

Son écriture est aujourd’hui non seulement très mature pour son âge, mais surtout vécue comme une compétence valorisante.

Aujourd’hui, Eden écrit avec plaisir, et rien n’est plus précieux que cela !

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